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       Déjà, parmi les humains, personne n'a la même vision du monde. Nul n'explique pareillement sa présence ici.

   Aucune cosmogonie n'a jusqu'à présent tenu le coup face à la science ou à l'évolution de la société. Les anciennes explications du Cosmos sont mortes. Les actuelles suivent la même voie. D'autres viendront et s'étioleront aussi. Et si les religions veulent toutes être au centre de nos villes et villages, avec pour preuve de leur vérité les bâtiments les plus hauts, les plus beaux, les plus chers, leur rigidité dogmatique les rend de plus en plus mal adaptées à nos styles de vie, si bien qu'elles doivent s'imposer par le mensonge, la ruse, la peur et la force.

   C'est que notre monde est cloisonné. Sait-on même si la pensée humaine est universelle ? Que pense une pierre, un arbre ou un animal ? La logique voudrait que tout ait une conscience, puisque nous sommes faits des mêmes atomes.  En plus, l'évolution est flagrante. On voit bien que rien n'est figé pour l'éternité. Or, pour évoluer, il faut au minimum un constat et des désirs adaptés à la situation et à l'objectif visé. En même temps, on peut dire que la pensée n'a pas de valeur, puisqu'elle est incommunicable. On peut penser une chose et en dire une autre. Du coup, c'est le faire qui compte : faire penser, faire dire, faire son jardin, faire et refaire sa vie.

   Or, si la vie est cloisonnée, c'est à cause de cette incommunicabilité de la pensée. On ne peut pas vraiment comprendre l'autre. Ce ne sont ni le temps ni l'espace qui sont en cause, puisque nous sommes présents les uns aux autres. C'est juste le fait que la pensée ne se communique pas, y incluse celle d'un éventuel dieu. Aucune espèce n'échappe à cette règle. Le langage est un outil et rien d'autre. Il nous permet de dire ce que l'on veut, pas forcément ce qu'on pense.

   Cette incommunicabilité n'est-elle que de façade ? N'est-elle effective que dans ce que nous vivons ici ? Ne communique-t-on pas de façon invisible au-delà de nos sens ? Peut-on retrouver la communication au-delà de la mort ?

   En attendant vos vérifications, je pense à des programmes qui s'ignorent ; car ce qui revient sans arrêt dans cette réflexion, c'est l'incommunicabilité. Il nous est impossible de savoir ce que veut l'escargot, et aussi de savoir ce que veut votre parent le plus proche. D'ailleurs, que sait Word de son confrère Excel, mmm ?

   Un escargot vit sa vie, pas la vôtre. Il a sa propre représentation du monde, peut-être sa religion. Pourrait-on dire alors que chaque espèce subit une foi qui la positionne pour vivre certaines choses et pas d'autres ? Pourrait-on dire que chaque chemin parcouru est un monde de rencontres différentes, une expérience incommunicable ?

   Mais si on ne sait rien de la pensée de l'homme et encore moins de celle de l'escargot, on peut dire que l'homme a besoin d'une croyance, peu importe laquelle, pour asseoir sa pensée et fournir un point de départ à ses actes, à son faire.

   Ainsi le faire serait l'ultime rempart de ce qui nous reste, mais tout ce que nous produisons va disparaître, au mieux dans quelques siècles. Même notre univers s'autodétruira. Les soleils et les planètes partiront en fumée dans quelques milliards d'années. Du coup, de ce point de vue, je me dis que vivre ne sert qu'à vivre, et que je n'ai à me préoccuper de rien.

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   Réponses à la question : sommes-nous loin de l'arbre sur :  www.Amiez.org :

      Si l'escargot se préoccupait de l'escargot, et la pierre de sa pierre voisine... et si nous nous préoccupions un peu plus de notre entourage, des autres humains, ce ne serait déjà pas si mal...

   Ca, c'est possible dans la vie courante, et ça existe déjà : il y a la mutualisation de plein de risques : retraite, sécurité sociale, CAF, etc. ; mais il n'en reste pas moins que la pensée est incommunicable, que vous pouvez penser une chose et en dire ou en faire une autre. La barrière est infranchissable. C'est pourquoi certains auteurs rêvent d'un monde où on communique par télépathie. Je viens d'ailleurs de lire un livre de Hélène Fumel à ce sujet : "Le temps bio. C'est publié chez : le fil des mots. Si ça vous intéresse, sachez qu'elle a été propriétaire du café philo : "Le bâton à palabres" à Toulouse. 

   L'action doit passer par le cœur avant que de passer par la pensée, à mon sens, sinon, on réfléchit beaucoup sur ce que les pierres et les hérissons ou les coccinelles peuvent penser... mais on n'a plus beaucoup de temps et de disponibilité pour agir... Ce qui n'empêche pas la réflexion, bien sûr !

   Là, le mot "doit" est de trop. On voit bien, quand on observe ce monde, que tout est possible, même l'horreur... Ca ne fait aucun doute. Ceci dit, on sait que le coeur a sa puissance. D'ailleurs, Jean Pierre Girard propose une expérience très claire à cet égard : sur une table, posez un bouchon de liège dans lequel vous avez planté une aiguille, puis posez dessus, un caré de papier aluminium plié en 4, façon pyramide. Regardez. Rien ne bouge ? C'est normal. Mettez vos mains autour de cet ensemble. Rien ne bouge ? C'est normal. Maintenant, tout en laissant vos mains entourer cet ensemble, établissez une relation affective avec la pyramide d'aluminium. Parlez-lui avec votre coeur. Dites-lui que vous aimeriez  la voir danser. Elle tourne ? C'est normal.


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   Mais, expliquons cela autrement : le point de vue de chacun étant différent, le pouvoir créatif de chacun est également différent. Exemple : un chef d'État peut déclencher la guerre, exiger la torture, mais moi, je ne le puis, et vous non plus. Tout dépend de la position occupée dans le monde. Personne n'a tous les pouvoirs, et celui du cœur est aussi réservé à certains et pas à d'autres.

    Du coup, me vient à l'idée, que le pouvoir créatif collectif est très différent de l'individuel. Ensemble, nous pouvons créer beaucoup plus de choses que seul.

     Mais là, je voudrais revenir sur la question d'Heppicurien : le monde n'est-il qu'illusion ? Pff, cette interrogation me gratte la tête depuis des décennies. A force d'y penser —pas tous les jours tout de même...—, je me suis dit qu'on n'est pas prêts à avoir de réponse, car nous essayons de décrire un monde ... vu de l'intérieur. C'est comme si l'ensemble des êtres vivants de ce monde, constituaient les cellules d'un foie ou de n'importe quoi d'autre. Nous sommes à l'intérieur de quelque chose qu'il nous est impossible d'expliquer, parce qu'il nous manque une vision globale, une vision depuis l'extérieur de l'univers dans lequel nous vivons.

   Au début des années 80, j'avais lu un merveilleux livre de poésie de Mario Mercier. Le poème nous baladait de jardin en jardin, et au milieu de merveilles, il y avait à chaque fois une cabane. Le poète entrait dedans, et ... débouchait dans un monde plus vaste que celui d'où il venait ! Ce concept m'a tracassé des années. Et il y avait plusieurs jardins qui se suivaient ; c'est à dire que si nous réussissions à sortir de notre univers, ce serait pour en découvrir un autre plus vaste, puis un troisième plus étendu encore, etc.

   Pfiou... on est bien loin de l'arbre, là. Je ne m'attendais pas à cette perspective, et pourtant, je savais tout ça depuis longtemps.

   Enfin, chacun sait que beaucoup de philosophes et de scientifiques considèrent que notre monde n'est qu'illusion, que nous sommes, en même temps que tout ce qui "existe", constitués du même vide et des mêmes éléments, qui tournent les uns autour des autres, s'associent un temps pour aller voir ailleurs, se remplacer, s'annuler, se différencier.