statue_danseuse_balinaise

Vendredi 6 juin 2008

  

Ce matin, je rêvais qu'il me fallait à tout prix sauver la spiritualité.

 

Sur une feuille blanche, il y avait un trait épais, parfait, tiré à l'encre noire. Ce trait m'intriguait, car il émanait de lui comme une force, quelque chose de perceptible par un autre sens que la vue. Ce n'était qu'un trait, bien sûr, mais un trait "puissant". J'essayais, avec la pulpe du pouce, d'en décoller les bords, et ... j'y suis arrivé. Il n'était que la matérialisation d'une défense.

 

Et derrière cette fragile protection de papier, il y avait une statue ... balinaise, peut-être. Au premier abord, elle m'a paru terne, mais j'ai voulu la sauver. A côté de moi, il y avait un monte charges en transit pour l'étage du dessus. J'ai voulu le prendre en route, pour sous­trai­re la statue à la vue des marchands, mais j'ai failli la casser entre le plancher de l'ascenseur et son plafond. Il m'a fallu attendre pour monter.

 

En haut, j'ai débouché dans une pièce vide, assez grande, mais triste, tapissée en toile de jute marron pisseux. Les plafonds gris, le sol foncé. Propre, mais triste. Beurk. Il me fallait la dissimuler. Or, au-dessus d'un placard marron, il y avait une cache. Je l'ai glissée dedans, me disant qu'elle y serait à l'abri pour longtemps.

 

Seulement, je n'ai pas eu tourné le dos, qu'un asiatique essayait de la voler.

  

Réflexion

  

Alors, au réveil, je me suis demandé ce qu'était cette spiritualité si enviable, si nécessaire et en même temps si dérisoire, qui a fait s'entretuer des centaines de millions de gens en quel­ques milliers d'années. Il y a ces deux facettes opposées : nécessité et destruction.

 

D'abord la nécessité :

 

C'est vrai qu'il est impossible de vivre sans la beauté, et sans vénération de cette beau­té. Pour qu'elle soit acceptable, on peut et doit tout vénérer de notre vie. Certains vénèrent la na­ture ; les végétaux, une fontaine, une forêt, les animaux (il y a eu des cultes de l'ours et du loup), le soleil, la lune, tout ce qui nous fait vivre sans qu'on puisse le comprendre ou en maî­tri­ser parfaitement la peur qu'il nous inspire. Il y a même eu, le très puissant culte des an­cê­tres, où on vénérait les morts, et même la mort. Car l'Amour est ce qui permet la vie. Sans lui, tout est terne et dangereux.

 

Oui, mais les cultes sont aussi l'expression de nos styles de vie, car il a fallu se la partager, cette planète. Et c'est là que ça se gâte.

 

En occident, il y a deux types de religions : celles qui défendent la sédentarité, la vie en société en prônant une morale, le travail qui donne droit à la propriété (juifs et chrétiens) ; et celle des nomades, des anciens cueilleurs, chasseurs, pêcheurs et commerçants au long cours, plus di­let­tante, qui défend qu'il n'y a pas de propriété, que tout appartient à tout le monde (l'Islam).

 

Elles sont complètement opposées et s'affrontent sys­té­ma­tiquement.

 

Car les religions sont complexes. Elles sont des amalgames de tout ce qui nous faisait vivre par le passé, de tout ce qui nous faisait peur aussi. Elles naviguent entre ces deux pôles : véné­ra­tion et interdit qui balisent l'acceptable à un moment donné.

 

On a d'abord, il y a 96 000 ans, vénéré les morts. Les premières tombes datent de cette épo­que. On les a trouvées en Israël. A ce moment-là, il y avait en plus, juste quelques grigris, des pendentifs, des piercings, des peintures corporelles, des danses, des dieux domestiques représentés par des petites statuettes portables qu'on nomme téraphims dans la Bible.

 

Et ça a mis siècles à s'installer, car encore du temps des chaldéens, il y a 4800 ans environ, l'Eternel ne croyait pas en la vie après la mort : "tu es né poussière et tu retourneras à la poussière", disait-il en contestant les croyances d'Adam en la vie après la mort.

 

Et puis, il y a 3221 ans, au pied du mont Sinaï, a été créé de toutes pièces, le culte des hébreux. C'était un ensemble de 50 lois, que les rois de chaque village étaient chargés de ré­pé­ter chaque jour à celles et ceux dont ils avaient la charge. Il y avait tout un décorum aus­si : le temple de toile démontable, la table de propitiation, l'autel, etc. Ca faisait rêver les gens de l'époque.

 

Oui, mais c'était marche ou crève, car on ne se gênait pas pour tuer par dizaines de milliers, celles et ceux qui n'obéissaient pas. La shoah s'était dé­jà produite dans le dé­sert du Sinaï. Vérifiez dans votre Bible : Nombres 16.35, l'Eternel, celui qu'aujourd'hui on appelle Dieu, brûle 250 Hébreux. Il en car­bo­nise 14700 en N.16.47 + et 24000 en N.25.8 +. Et son associé Moïse n'était pas en reste : il a fait passer par l'épée, 3000 hom­mes qui avaient adoré le veau d'or de son frère Aaron. C'est lui qui avait organisé la pro­pa­gande du régime dans le camp des hébreux. Brr, ça fait penser à Hitler et Goebbels. 

 

Vénération, destruction. On en est encore là. Rien ne pousse de nouveau.

 

Depuis des milliers d'années on nous rabâche les mêmes histoires truquées, sans que personne ne s'avise qu'il y a mensonge, désinformation ; sans que personne n'essaie de clari­fier tout ça.

 

Pire, on en rajoute : de la même manière, on fabrique aujourd'hui des mythes, qui dans quelques milliers d'années deviendront peut-être des têtes de culte. Je pense à Che Guevara. On a pu ré­cem­ment, voir sur Arte qu'on l'adore et le prie comme un Dieu !

 

Dom­ma­ge, car ce n'est pas un mort qui va nous aider à mieux vivre !

 

Le monde évolue, alors que nos religions se veulent éternelles, et finalement, ne sont que des freins à la prospection de ce qui nous fera vivre demain.

 

Alors je cache tout ça. Je ne publie pas mon livre, mais il ne saurait rester secret. D'après ce rêve, les asiatiques sont intéressés.