1La nature des anges à cette époque

Le but est ici de vous faire comprendre ce que représentent les anges pour les patriarches, plus de mille ans avant Jésus Christ. Voyons d’abord la définition : le mot ange vient du grec angelos qui veut dire messager. En effet, les premiers anges sont chargés de missions bien humaines. Voi­ci les preuves :

Vus par Lot, frère d’Abram

Au chapitre trois de la genèse, nous avons rencontré des ché­ru­­bins armés d’épées. Ces soldats sont chargés d'éviter qu’Adam et Ève reviennent se servir dans le jardin d’Éternel Dieu. Ob­ser­vons à pré­­sent ce qu’il en est des anges : G.19.1 : et les deux an­ges vin­rent à Sodome sur le soir ; et Lot était assis à la porte de Sodome. Et Lot les vit, et il se leva pour aller à leur ren­con­­tre, et se prosterna visage en terre. Ils ne des­cen­dent donc pas du ciel, à cette époque, mais se déplacent comme tout le monde.

En plus, il leur parle de la même manière qu’Abraham lors­qu’il les reçoit ce matin là, sous l’arbre de Mamré : G.19.2 : et il dit : voici, mes seigneurs : ce ne sont plus des anges. Cepen­dant, il s’adresse à eux avec beaucoup de respect : détournez-vous, je vous prie, vers la maison de votre serviteur, et pas­sez-y la nuit, et lavez vos pieds ; et vous vous lèverez le matin, et vous irez votre chemin. Vous connaissez quelqu’un qui puis­se inviter des anges chez lui ? Faites-moi signe, ça m’intéresse.

Ce n’est pas tout. Ces "anges" refusent la sollicita­tion et pré­fè­rent passer la nuit à la belle étoile : et ils dirent : non, mais nous passerons la nuit sur la place. Vous pensez bien que Lot insiste. Ce n’est pas tous les jours qu’il reçoit chez lui, des hôtes aus­si prestigieux : et il les pressa beaucoup. Bien sûr il y réus­sit : et ils se détournèrent [pour aller] chez lui, et entrèrent dans sa mai­son. Enfin, ces anges s’alimentent avec des nour­ri­tu­res bien ter­­restres : et il leur fit un festin, et cuisit des pains sans levain, et ils mangèrent.

Cependant les habitants de Sodome les voient comme des Hom­­me : G.19.5 : et ils appelèrent Lot, et lui dirent : où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit ? En plus, c’est pour les sodomiser : G.19.6 : fais-les sortir vers nous, afin que nous les connaissions. Lot protège ces êtres soi-disant imma­té­riels en les échan­geant contre ses filles vierges : G.19.7 : je vous prie, mes frères, ne faites pas [ce] mal. Voici, j’ai deux filles qui n’ont point connu d’homme ; laissez-moi les faire sor­tir vers vous, et faites-leur comme il vous plaira : en d’au­tres ter­mes : vous pouvez violer mes filles mais pas mes amis. Outre le fait que les anges sont des Homme, vous trouvez là, la preuve que les femmes n’ont à cette époque, que bien peu de valeur.

Lot les voit enfin comme des Homme : seulement, à ces hom­­mes ne faites rien. Il se met même en danger pour les pro­té­ger : et les hommes pressaient beaucoup Lot, et ils s’appro­chè­rent pour briser la porte. Il n’est pas à la hauteur et ce sont les collaborateurs de l’Éternel qui le sauvent : et les hommes éten­­dirent leurs mains et firent entrer Lot avec eux dans la maison, et fermèrent la porte. Bien sûr il est si naïf qu’il croit au miracle : il leur con­fère les pouvoirs d’un immense prestige, alors qu'ils sont des Homme au même titre que ses voi­sins so­do­mi­tes : G.19.10 : et ils fra­p­pè­rent de cécité les hommes qui étaient à l’en­trée de la mai­son, depuis le plus pe­tit jusqu’au plus grand, [de sorte] qu’ils se lassèrent de cher­cher l’entrée. Et si je vous suggère qu’en fait les sodomites re­con­naissent les en­vo­yés de l’Éternel aux manches de leurs vê­te­ments, cela vous sem­ble crédible ? Il leur est aisé de les voir quand ils sortent leurs bras pour tirer Lot à l’intérieur de la maison. Je vous rap­pel­­le que la dynastie des Éternels Homme aime qu’on la crai­gne. Ce­la se sait et ils n’in­sistent pas.

Ces anges sont issus de la lignée cadette Homme. Ils sont em­ployés par l’Éternel et se font craindre de leurs con­tem­po­rains. C’est tout !

 Vus par Abram, lui-même

Cela se passe lorsque Agar l’égyptienne est chassée avec Ismaël, par Saraï devenue Sara, qui veut que son fils Isaac hérite de tout : G.21.14 : elle erra dans le désert de Beër-Shéba. On com­men­ce à craindre pour Agar, d’autant qu’on nous la montre sans eau : G.21.15 : et l’eau de l’outre était épuisée. Son réflexe aurait été de se débarrasser de son fils : G.21.15, suite : elle jeta l’enfant sous un des arbrisseaux : stop ! Une femme peut jeter un bébé mais pas un enfant déjà autonome, puisque Ismaël a déjà six ans et demi. De plus s’il y a des ar­bris­seaux, ce n’est pas si dé­sert que ça. Ouf ! L’é­mo­tion retombe. C’est juste Abram qui dé­­lire, affolé par la peur de perdre son pre­mier né. Il joue ensuite dans le mélodrame en nous disant qu’elle fuit à une por­tée d’arc, pour ne pas voir mourir son fils.

Bien sûr, son dieu capte la demande : G.21.17 : et Dieu en­ten­dit la voix de l’enfant : l'enfant se défend, crie ou appelle ; et si Dieu l'entend, c'est qu'il habite tout près. Comme Abram veut sauver Ismaël et Agar, son dieu n’est pas de trop pour con­vain­cre Sara, de garder la vie sauve à sa servante et à son pre­mier né. Elle qui se croyait stérile depuis si longtemps, vient de retrouver sa dignité et sa superbe en donnant naissance à Isaac. Sa culture monogame lui fait évacuer la concurrence d’Agar. Abram ra­con­te donc à Sara : et l’ange de Dieu appela des cieux Agar : il n’est pas question qu’Éternel intervienne en per­­son­ne pour une simple servante. Cet avantage est réservé à Abram et à sa famille. Il envoie un de ses colla­bo­ra­teurs. Vous cons­tatez ici une hié­rar­chie. Les maîtres ont le droit aux services d’au­tres maîtres, les es­claves n’ont droit qu’­aux subal­ter­nes.

Il fait dire à cet ange: qu’as-tu Agar ? Cependant, l'ange n’at­tend pas sa réponse. Pour la rassurer, il lui dit aussitôt : ne crains point, car Dieu a entendu la voix de l’enfant là où il est. Il lui dit alors que rien n’est perdu et qu’il faut réagir. Là, on découvre qu’Ismaël n’est pas à une portée d’arc, mais sous la main : lève-toi, relève l’enfant et prends-le dans ta main. En­fin,l'ange lui transmet le fantasme de multitude de son maître : car je le fe­rai devenir une grande nation.

Il passe au côté pratique, en lui montrant un puits.Bien sûr, il dit à Saraï que c’est dieu qui ouvre les yeux d’Agar. C’est beau­coup mieux : et Dieu lui ouvrit les yeux, et elle vit un puits d’eau ; et elle alla et remplit d’eau l’outre, et fit boire l’en­fant : cela n’empêche pas la chute d’être anodine : c’est juste son an­gois­se qui avait fait ou­blier à Agar, l’existence d’un puits juste à côté. Et ce n’est pas fi­ni, il y a beaucoup plus à portée de main : et Dieu fut avec l’en­­­fant, et il grandit, et habita dans le dé­sert, et devint tireur d’arc : l’eau ne suffit pas. Il y a de quoi man­­ger dans ce lieu. C’est probablement l’Éternel de Beër-Shéba qui lui apprend à fabriquer son arc et à tirer. Ce n’est donc pas un hasard si Ismaël a douze garçons et deux filles par la suite.

Jacob aussi

Avec lui, on sait immédiatement à quoi s’attendre : G.32.1 : et Jacob alla son chemin. Et les anges de Dieu le rencon­trè­rent ; et Jacob dit quand il les vit : c’est l’armée de Dieu. Et il appela le nom de ce lieu-là : Mahanaïm, soit : deux armées ou camps (note recopiée de la Bible). Ici aussi, les anges sont des subalternes de l’Éternel. Ils sont militaires.

Quand il doit prendre une importante décision [1] ou à propos de la gestion de ses troupeaux, Jacob rêve de personnages bien con­nus à son époque : G.31.11 : et l’Ange de Dieu me dit en son­ge : Jacob ! Et je dis : me voici. Et il dit lève tes yeux et vois : tous les boucs qui couvrent le menu bétail sont rayés marquetés et picotés de blanc : les anges sont ici con­seil­lers agri­coles. Ils lui apprennent à spolier son frère d’une grande par­tie de son bétail [2]. Il songe donc à une scène de la vie cou­ran­te. Jacob rêve beaucoup de son chef et de ses subalternes. Normal.

Moïse

Dès son arrivée au mont Sinaï, Moïse est dupé par un an­ge de l’Éternel qui l’interpelle dans une flamme de feu, du mi­lieu d’un buisson à épines, lequel ne consume rien (E.3.2). Par la sui­te, il en emploie souvent. Vous en trouvez en E.14.19, en E.23.20 et 23, en E.32.34 et en E.33.2. Chaque fois, ce sont des gens qui ont pour mission de guider : l’ange de Dieu allait de­vant le camp d’Israël ; voici, j’envoie un ange devant toi ; mon ange ira devant toi et te conduira ; j’enverrai un ange de­vant toi. Avez-vous déjà rencontré des guides incorporels ? Si oui, comment faites-vous alors pour les suivre ?

Plus tard

J’ai cherché plus loin, afin de voir qui est-ce qui a transformé des Homme de chair et d’os en êtres immatériels. En chemin, on trouve des anges plutôt féroces : Juges.5.23 : maudissez Méroz, dit l’ange de l’Éternel ; maudissez, maudissez ses habitants ! car ils ne sont pas venus au secours de l’Éternel, au secours de l’Éternel, avec les hommes forts. Tiens, il n’est pas si puis­sant que ça, ce dieu qui a besoin du secours des Homme. Il est vrai que le peuple de Madian se venge de l’immense massacre qu’ils ont subi sous Moïse. Ils affament les hébreux par la destruction de leurs les récoltes (Ju.6). À chacun son tour. Depuis que l’Éternel de Moïse a amené les hébreux en Canaan pour les y ins­taller en esclaves destinés à dominer toute la terre, ses ha­bi­tants sont tou­jours en guerre.

On les voit souvent en militaires, notamment dans le second livre de Samuel.24.16 : comme l’ange étendait la main sur Jérusalem pour la détruire, l’Éternel se repentit de ce mal, et il dit à l’ange qui faisait périr le peuple : assez ! Retire main­te­nant ta main. Dans le même genre, vous avez un ange chef d’une armée extraordinairement destructrice : Ésaïe.35.36 : et un ange de l’Éternel sortit et frappa dans le camp des assyriens, cent quatre-vingt-cinq mille [hommes] ; et quand on se leva le matin, voici, c’étaient tous des corps morts.

Vous trouvez aussi des despotes : psaumes.34.7 : l’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent. Un autre est dresseur de lions (Daniel.6.22). Vous trouvez éga­le­ment des gens peu crédibles (Colossiens.2.18) et ceux qui sont fous. À ce sujet, Éliphaz nous raconte une de ses méditations. Son Éternel ne réus­­sit plus rien : Job.4.5 : mais maintenant, [le malheur] est venu sur toi (l’Éternel), et tu es irrité ; il t’atteint et tu es trou­blé. Éliphaz cherche des raisons et en trouve une de logique : l’Éternel rend ses employés fous, car il ne leur accorde aucune confiance : Job.4.18 : voici, il ne se fie pas à ses servi­teurs, et ses anges il les charge de folie.

Vous avez aussi ceux qui aiment tant les femmes mariées, qu’ils leur font des enfants : Juges.13.3 : et l’ange de l’Éternel ap­parut à la femme, et lui dit : voici, tu es stérile et tu n’en­fan­tes pas ; mais tu concevras, et tu enfanteras un fils. Les anges s’occupent agréablement, on dirait. Suit une histoire amu­san­te où on voit un dé­nom­mé Manoah, à qui il pousse des cornes de cocu. Au fait, vous connaissez une certaine Marie, enceinte par l’opération du saint esprit qui … mais je n’ai pas la place de vous ra­co­nter cette histoire ici. Je peux démontrer qui est son premier amant et nom­mer le père de Jésus. En plus, ce der­nier a des frères et des sœurs. Joseph a donc fait des enfants à Marie. On a pour­tant tué énor­­mé­ment de monde pour préserver la cro­yan­ce en l’im­ma­culée conception !

La transformation d’hommes en êtres immatériels

Il faut arriver à l’évangile selon St Marc, pour qu’on les voie vivre dans les cieux. Voici cette histoire où on questionne Jésus : Marc.12.19 : maître, Moïse nous a écrit que si le frère de quelqu’un meurt, et laisse une femme et ne laisse pas d’en­fant, son frère épousera sa veuve, et suscitera une postérité à son frère. Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans laisser de postérité. Le second prit la veuve pour fem­me, et mourut sans laisser de postérité. Il en fut de même du troisième, et aucun des sept ne laissa de postérité. Après eux tous, la femme mourut aussi. À la résurrection, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme ? Car les sept l’ont eue pour femme.

Jésus leur répondit : n’êtes-vous pas dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les écritures, ni la puissance de Dieu ? Car, quand on ressuscite d’entre les morts, on ne se marie, ni on n’est donné en mariage, mais on est comme les anges dans les cieux : c’est Jésus qui invente les anges incorpo­rels.

D’autre part, il dit aux sadducéens qu’ils ne comprennent rien à la loi de Moïse. Cependant, ces derniers ont bien raison. Il s’a­git de la reproduction déléguée que je vous ai déjà expliquée. La voici : Deutéronome.25.5 : quand des frères habiteront ensem­ble, et que l’un d’entre eux mourra, et qu’il n’aura pas de fils, la femme du mort n’ira pas dehors s’allier à un hom­me étra­nger. Son beau-frère viendra vers elle et la prendra pour femme et s’acquittera envers elle de son devoir de beau-frère. Et il arrivera que le premier-né qu’elle enfantera, succèdera au nom du frère mort, et son nom ne sera pas effa­cé d’Israël. Et s’il ne plaît pas à l’homme de prendre sa belle sœur, sa bel­le-sœur montera à la porte vers les anciens, et dira : mon beau-frère refuse de relever le nom de son frère en Israël. Il ne veut pas s’acquitter envers moi de son devoir de beau-frère. Et les anciens de sa ville l’appelleront, et ils lui par­le­ront. S’il se tient ferme, disant : il ne me plaît pas de la pren­dre, alors, sa belle-sœur s’approchera de lui devant les yeux des anciens et lui ôtera la sandale de son pied, et lui crachera à la figure. Elle répondra et dira : c’est ainsi qu’il sera fait à l’homme qui ne bâtira pas la maison de son frère. Et son nom sera appelé en Israël : la maison du déchaussé. Jésus est in­com­pétent en matière de religion juive, et en plus, il se dé­bar­ras­se d’une question emba­r­ras­sante, en racontant n’importe quoi ! Il ment délibérément. Cho­quant, n’est-ce pas ? Bref, avant lui, les an­­­ges sont des Homme de chair et d’os, qui vivent exclusive­ment sur terre.

En résumé

Dans les livres conçus par les Éternels d’Abram et de Moïse, le mot ange veut dire envoyé ou messager. Ce sont des gens de la lignée cadette Homme, à qui ils confient des missions telles que déli­vrer Lot, faire la guerre, im­pres­sionner quelqu’un, ap­­por­ter un message ou encore repré­sen­ter les chefs, guider. On voit aus­si à travers le songe de Jacob, qu’ils enseignent une mé­tho­­de de sélection des animaux. Ils sont faits de chair et d’os.

Jacob justement, est le personnage charnière en la matière. On le voit rencontrer des envoyés de l’Éternel de son père, et aussi en rêver. C’est bien naturel, puisqu’il les connaît.

Par la suite, Jésus inaugure la vision des anges immatériels qui dure jusqu’à nos jours. Il n’a pas compris qu’aux yeux de ses aïeuls, les anges sont des gens de la famille Homme, employés par les Éternels pour les représenter et agir à distance. Il leur in­ven­­te des qualités qui lui permettent de faire diversion à une ques­tion embarrassante.

Aujourd’hui

La vision des esclaves qui ne savent plus où ils en sont et qui ne maîtrisent pas leur vie, a pris le dessus. Comment en serait-il autrement, puisqu’on leur fait chercher leur avenir en dehors d’eux­-mêmes ? Qu’y peuvent-ils trouver, sinon des lois, règle­ments et ten­ta­tions qui en arrangent d’autres ?

Ceux qui prient, le font quand leur avenir leur semble diffi­ci­le, voire compromis. Ils le font surtout à l’aide de textes écrits par des gens dont ils ne connaissent rien, même pas les buts ; et bien sûr cela ne les aide pas à réaliser leurs ambi­tions du mo­ment. La vraie voie de votre vie se trou­­ve en vous, pas ail­leurs. Plus on croit aux anges et plus on est dépendant des tech­ni­ques d’in­flu­en­ce. C’est nor­mal, puisque presque per­son­ne ne cherche a comprendre les apports de son ima­gi­naire à tra­vers ses rêves.

De plus, prier l’employé de dieu et non dieu lui-même, dé­no­te un tempérament d’asservi. En effet, croire aux anges est un état d’esprit : celui de la peur d’affronter sa vie. Ces croyants ont tant de doutes sur leur valeur, qu’ils ont besoin de se sentir choi­sis par un subalterne, pour agir et prendre leurs responsabilités.

La boucle se referme sur eux. Ils sont piégés. Leur problème, c’est qu’ils ne maîtrisent plus leur vie, puisqu’ils sont obligés de passer par une fable sans consistance. Ils la jouent comme au lo­to, c’est à dire par hasard interposé !

On voit bien qu’au début de la Bible, les anges sont des Hom­­me. Ensuite, on les considère toujours comme des humains et on en rêve aussi. Enfin, à cause de l’éloignement temporel et géo­gra­phique, on oublie qu’ils sont des êtres de chair et d’os.

Le langage des croyants

Ceux qui croient aux anges vous disent : cela ne marche que si vous êtes sincère : c’est un minimum, que d’être honnête avec soi-même. Je ne vois rien d’extraordinaire à cet égard. Ils vous expliquent avec sérieux : plus on alimente cet ange, plus on le rend efficace : il s’agit donc d’un apprentissage, soit la mé­mo­ri­sa­tion de l’image angélique et des réponses que vous vou­­lez voir ou entendre d’elle.

D’ailleurs, Gitta, une juive hongroise connue dans ce do­mai­ne, faisait dire à son ange : nous sommes faits de foi. Celui qui a la foi a son maître et la foi c’est sa force. Celui qui croit que j’ai une voix, je peux lui parler. Si tu ne le crois pas, je suis muet. L’ange ne peut rien faire seul, etc.Vous comprenez bien que c’est une affaire de croyance ; et c’est normal, puisque c’est vous qui vous consti­tuez votre mémoire à propos des anges. Le but est de faire en sorte que les projets se réalisent, sans avoir à s’en donner les moyens, et sans avoir à en supporter les conséquences et res­pon­sa­bi­lités. Cela se fait par l’enregistrement des ima­ges et paroles qui les re­pré­sen­tent. Comme tou­tes les émotions, la foi guide d’une ma­niè­re précise. On n’agit pas pareil sous l’em­pri­se de la colère que quand on est amou­reux, par exemple. Dans son cas, elle a tant prié son ange ima­­gi­nai­re sous la pression na­zie, qu’elle est par­ve­nue à le voir et à lui parler. Votre cerveau est capable de re­pro­dui­re n’im­por­te quel­le sen­sa­tion du corps et de l’esprit. Il a donc accès à tou­tes les ex­pres­sions possibles.

Elle explique aussi : l’homme a besoin de l’ange, comme l’ange a besoin de lui. Et moi je réponds : l’homme a be­soin de son imaginaire et ce dernier n’est rien sans lui. C’est bien na­tu­­rel, puisqu’il s’agit du système qui traite, à votre insu, le con­te­nu de vos mémoires.

On vous dit aussi : il faut aller au plus profond de soi, mais on ne vous explique pas comment il faut s’y prendre. Alors pour­quoi écouter celles et ceux qui vous parlent de fan­­tas­mes qu’ils ne comprennent pas ? Ils sont nom­breux, ceux qui passent leur temps à discourir de ce qu’ils ne sa­vent pas.

On vous explique : « quand on est vraiment soi-même, on est inspiré au point d’éviter une balle ». Où est l’extraor­di­naire, si vous êtes sur vos gardes et savez que vous avez un ris­que à cet endroit ? Chacun a des réflexes qu’il croit inex­pli­ca­bles, parce qu’il ne sait pas comment fonctionne son imaginaire. Or, ce dernier a cinq rôles : il mémorise, trie, analyse et com­pa­re les éléments dont il dispose. Ensuite il réagit en toute indé­pen­dance. C’est simple et vérifiable à volonté.

Vos rêves, sources de liberté

Vos rêves vous expliquent une bonne partie de ce que vous vou­lez savoir, puisqu’ils puisent leurs ressources dans vos mé­moires actives. De plus, ils sont universels, alors que la cul­ture des anges ne l’est pas. Il faut avoir été enseigné à leur pro­pos, pour avoir l’idée de s’en construire un. Enfin je voudrais vous signaler que les songes sont à l’origine de bien des découvertes parfaitement ex­pli­cables. Pensez à Einstein qui voit en rêve, l’image guide de sa thé­orie concernant la re­la­ti­vi­té. C’est facile à comprendre. Il y travaillait depuis des années. Pen­dant tout ce temps, il avait em­ma­ga­siné une multitude d’in­for­mations. Son ima­gi­naire les lui a resti­­tuées sous la forme oni­ri­que. Qu’y a-t-il d’ex­­tra­­or­dinaire à ce­la ? Le plaisir de la dé­cou­ver­te est à portée de tou­tes et de tous.

Les techniques d’autoanalyse que je vous enseigne dans "Vivre ses rêves", ont le mérite de fonctionner. Avec de la pa­­tien­­ce, n’importe qui peut les maîtriser. Elles vous con­ser­vent vo­tre totale liberté et vous aident à évoluer selon vos goûts. En plus, elles fortifient votre volonté, vous apaisent et vous sou­tien­nent pour assumer vos responsabilités. Enfin, leur effet est sys­té­ma­tiquement bénéfique. Pourquoi passeriez-vous à coté d’une res­­source d’aussi bonne qualité ? D’autre part, de nom­­­breu­ses au­­t­res mé­thodes enseignées à l’uni­ver­­sité ou ailleurs, vous ap­por­tent plus que n’importe quel dogme re­li­gieux.

En guise de conclusion

Les anges immatériels n’ont jamais existé. En plus, l’accès aux bienfaits de ces croyances sont aléatoires et extrêmement rares. Les miracles auto-produits par leurs bénéficiaires sont si ex­ceptionnels, qu’on discute de leur validité pendant des années. Pour un résultat, il vous faut des milliers de prières sinon da­van­ta­ge.

Le seul pouvoir de ces espérances, c’est que la rareté de leurs effets, fait croire à leurs auteurs qu’ils sont des privi­lé­giés de gran­de valeur. Ils reva­lorisent ainsi leur ego, préala­ble­ment dé­truit par leur foi. Souvent le bénéfice final est nul, puisqu’il n’est que la ré­paration du préjudice qu’ils se sont eux-mêmes infligés, du fait de leurs croyances. Alors pour­quoi perdre son temps avec les an­ges et les dieux ?

Les anges sont des Homme. Leur image immatérielle n’est qu’une tromperie. Passons à présent à la manipulation principale, celle qui veut vous faire croire en un seul dieu, autorisé à régir votre vie et celle des autres.

 [1] Voir le début de son portrait.

[2] Idem.